UNE FENÊTRE SUR LA RUE

portrait sonore du Local des femmes

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Parallèlement au documentaire sonore, la photographe Nadine Barbançon a passé du temps au local, à la rencontre des femmes.

De ces rencontres est née une exposition de photographies et de textes qui accompagne la diffusion du documentaire sonore.

Les textes ont été écrits par un groupe de femmes du local dans le cadre d'un atelier d'écriture animé par la metteuse en scène grenobloise Pascale Henry.


"C'est dans la galère que tu sens la force d'arriver, c'est là qu'il faut que tu t'accroches sinon tu tombes et tu ne te relèves pas."
Isa

"C'est long pour se relever."
Elisabeth

"On attend un sourire, une parole, une reconnaissance qui touche."
Isa

"Je suis là face à toi, je te vois, je sens ta présence, mais je suis seule avec mon histoire.
Toi, que vois-tu à travers mes yeux qui te renvoient peut-être ma colère...
Mes larmes."
Kim

"Si le regard il vient, on l'apprécie."
Chantal

AU LOCAL

"On y découvre une chaleur humaine tant recherchée. Je suis venue un jour où mon moral se portait plutôt bien, c'est pour cela que mon coeur était assez ouvert pour pouvoir recevoir tout ce que le local avait à m'offrir car il n'est pas toujours évident d'accepter la main que l'on nous tend.
Ce lieu de repos est un endroit où l'on se sent chez soi, les femmes nous y accueillent avec beaucoup de simplicité.
On y retrouve les gestes du quotidien, ce qui paraît une corvée devient un réel plaisir.
Je tenais aussi à remercier toutes ces femmes accueillies pour leur générosité.
Lorsqu'on évolue comme moi dans un univers composé d'hommes on apprécie la délicatesse et cette douceur oubliée.
Pour conclure je souhaiterais remercier le local des femmes pour ce bien-être, et encore bon anniversaire"
Kim

" (...) Le Local m'a permis de relever la tête et m'a aidée à remonter la pente.
Ainsi en quelques mois, j'ai retrouvé ma dignité et je peux enfin me poser sereinement quelques heures et oublier un instant tous mes soucis. Ainsi je pourrais les regarder en face pour essayer de les surmonter.
Un repas, une écoute, des rencontres, voilà ce que j'ai trouvé au Local et qui m'a permis de revivre petit à petit et de retrouver une vie sociale que j'avais exclue de ma vie. La rencontre de l'équipe et des autres femmes m'a permis de voir un peu plus loin."
Lysiane

" (...) Je lui dirais, au ministre, que c'est une rupture affective, des histoires avec la famille, qui conduisent dans la rue.
Toujours.
Qu'il faut cet endroit pour faire à manger, faire la cuisine, avec un euro on mange ici, et on fait la cuisine.
Il y a de plus en plus de femmes dans la rue.
Il y a la peur dehors. Des hommes. Il y a les violences alcooliques, l'agressivité.
Je lui dirais que c'est très utile.
Il faut un lieu plus grand.
Je lui dirais il faut un F17 !!! Il faut rester ouvert et agrandir.
On est pas des objets.
Il faut des liens.
Et ici on peut venir avec nos chiens.
Le chien c'est un lien, on est pas seule.
Mes chiens c'est mes enfants.
Voilà ce que je lui dirais au ministre."
Messaouda

"Personnellement j'ai connu le Local durant mon séjour au CAI - Centre d'Accueil Intercommunal" après plusieurs mois de rue en itinérance.
A mon arrivée au local, j'ai été accueillie par une employée qui m'a dit "bonjour", m'a souri, m'a offert un café, m'a fait visiter les lieux, m'a expliqué le fonctionnement du local, ce que je pouvais y faire.
Tout cela sans me demander de renseignements personnels, tout juste mon prénom. Aucun papier (identité, ressources) n'est demandé.
Chacune se nomme par son prénom et le tutoiement est de rigueur.
Tout cela entraîne une convivialité, une confiance que l'on trouve rarement ailleurs.
Ce premier accueil fut pourtant bien difficile. Durant mon séjour à la rue, j'avais perdu le lien social.
Le collectif m'angoissait.
Certains sujets abordés par d'autres femmes me renvoyaient à ma propre histoire, me mettaient mal à l'aise et ont fini par me faire craquer.
Personne ne m'a posé de questions, ne s'est moqué de moi, ne m'a jugée.
Plus tard, j'ai commencé à me confier ; encore plus tard, j'ai osé accepter l'aide proposée ; puis j'ai demandé moi-même de l'aide.
Mais je n'ai jamais été poussée, questionnée ou jugée.
Le Local des femmes, dans son ensemble, m'a aidée à reprendre pied dans la vie, à restructurer mon quotidien, à recréer du lien social, à construire de nouvelles amitiés, j'oserais presque dire une nouvelle famille.
Entre femmes en galère, on se comprend, on se renseigne d'après notre propre expérience, on est solidaires."

Sandrine

L'ERRANCE

" C'est ne pas savoir où on en est.
C'est que quand on veut s'en sortir parfois on ne nous aide pas.
Sur le plan soin, soutien psychologique, financier, et ne pas avoir de place où pouvoir dormir, se laver, manger, chercher un emploi.
Sur le relationnel, ça peut être l'abandon, notamment le week-end ou quand les assos ferment.
C'est être en confusion d'idées à force d'avoir traversé les étapes très vite.
Ca peut être tomber sur des mauvaises relations ou tomber sur des bonnes et c'est là que quand tu obtiens une récompense tu n'y crois plus.
C'est le fait que tu as tellement changé, que tu as peur, que tu te cherches mais que tu gardes espoir ou que tu as envie de mourir."
Nathalie

CONDITIONS TECHNIQUES DE L'EXPOSITION

20 photographies, tirages numériques, contrecollées PVC

Format 100 cm x 66 cm - 7 verticales / 13 horizontales

Mètres linéaires d'accrochage : 28m

Système d'accrochage : 2 cimaises par image

Temps de montage : 2h

Durée de location : 1 mois (+ ou -)

Transport : caisse rigide, possibilité d'envoi transporteurs

Assurance : possibilité de prise en charge par Tangibles

Tarif location exposition : 300 € (TVA non applicable)

Présence de la photographe (frais de déplacement non-compris)